| Tissage Boussac rue de l' Estrey à Nomexy |
| Boussac Nomexy la filature, la centrale, les cités |
![]() |
| le chateau de Mivoisin |
Pour les générations qui n'ont pas connu l' Empire Boussac, voici quelques notes sur les usines de celui que l'on appelait le Roi du Coton et qui de son temps fut un des hommes les plus riches du monde. Son service social était unique.
BOUSSAC :
LES USINES
Chaque usine a été achetée pour une
raison bien précise soit liée à son histoire, sa production... Le
groupe Boussac a toujours raisonné en ces termes afin de produire de
A à Z un panel complet des produits textiles. Tour du propriétaire
des principaux tissages et filatures.
Golbey :
tissage
Spécialisé dans la fabrication de
mouchoirs "Tissgar" et "Tissgarlux" confectionné
à Rambervillers (180 000 douzaines mensuellement) et la gabardine
utilisée dans les usines de Blainville, Lunéville et Dombasle. Cet
ancien tissage Ziegler a été racheté en 1928. Cette manufacture
hébergeait 336 métiers automatiques en 1953, qui tissaient chaque
mois 300 km de tissu.
Les
Grands sables (WOCO) et Saint-Laurent à Epinal : Filature et
tissage
Spécialisés dans la confection des
tissus "Ghislaine", "Far-West" ainsi que divers
vichys, 645 métiers à tisser. Production par jour : 26 000
mètres de tissu. L'usine de Saint Laurent est spécialisée dans les
calicots, les renforcés et les croisés. L'usine possédait par
ailleurs une centrale hydraulique depuis 1947 qui fournissait 8
millions de kwh par an.
Senones :
tissage
Usine installée dans l’abbaye
bénédictine de granit rose, joyau d’architecture des XVII et
XVIIIe siècle. Autrefois, Senones était la capitale d’une petite
principauté, enclave de l’empire allemand en terre lorraine,
appartenant aux princes de Salm. La frontière de ce minuscule état
passait par Moyenmoutier et Senones. L’ardeur des moines
constructeurs qui peuplaient l’état fit naître les abbayes
d’Etival, Moyenmoutier, de Senones et d’autres lieux de culte
dans la région.
La renommée de Senones était
importante et sous le règne de Dom Calmet, historiographe réputé,
Voltaire y fit quelques séjours, puisant inlassablement dans les
trésors d’érudition renfermés dans la magnifique bibliothèque.
Ainsi qu’il est dit plus haut, les bâtiments actuels datent des
XVII et XVIIe siècles. Le cloître subsistant encore en partie.
L’église détruite pendant la révolution a été reconstruite par
la suite.
En 1793, la petite principauté obtint
son attachement au territoire français et les propriétés des
princes et des abbayes furent vendues comme biens nationaux. La
première industrie naquit à Senones vers 1806. A cet époque , un
anglais installa dans l’abbaye vide, une filature mécanique
qu’actionnait un moulin. Ensuite, Senones a comptabilisé 24 000
broches, un tissage de 600 métiers (production quotidienne 27 000 m
de tissus de chemises de travail).
Nomexy :
filature , tissage, préparation centrale, apprêts. Confection.
Teinture,
En 1880, M Peters, Martinot et Pignet
viennent s’installer à Nomexy sur d’anciennes
houblonnières. La première filature
prend place aux lieu dit la Héronnière, route nationale
Metz-Besançon. Elle tourne à l’époque avec 8400 broches de
continus et 12 ouvriers.
L’année suivante, Victor Peters en
devient le seul propriétaire et exploite 407 ouvriers. En 1900 de
nouvelles extensions ont lieu avec 80 000 broches de continus à
filer et elle se classe 3e du département des Vosges.
Elle emploie alors 554 ouvriers venus des villages alentours. En 1895
pour étendre son industrie, Peters construit à Xafontaine un
tissage de coton. On y fabrique également des cretonnes, des
calicots (toile) croisés avec des serviettes. Il y 128 métiers à
tisser au départ puis 502 et 225 ouvriers. A cette époque, Nomexy
comptait 2400 habitants.
En 1917, Marcel Boussac jète son
dévolu sur cette entreprise. La première guerre mondiale lui
fournit des débouchés inattendus notamment avec la cretonne et
l’écru. Sa teinturerie « Grand teint » est unique dans
le genre. Le tissu Boussac était en effet le seul qui ne déteignait
pas. Le tissage de la rue de l’Estrey compta jusqu’à 480
salariés pour deux équipes et il possédait 832 métiers à
tisser.On y fabriquera le célèbre VICHY mis à la mode par la plus belle femme du monde en 1959 Brigitte Bardot lors de son mariage avec Jacques Charrier , l'ensemble a été créé par le grand couturier "Esterel" C’était l’un des plus importants en tissé teint en
Europe. Filature avec 24 000 broches, un tissage de 854 métiers
(production quotidienne : 27 000 m de tissu pour des chemises de
travail).
Moyenmoutier
: filature, tissage et blanchiment
Filature de 20000 broches, tissage de
300 métiers qui produisent le tissu éponge "Jalla" et
une blanchisserie-teinturerie traitant la plus grande partie de la
production des Vosges.
Rambervillers
: filature et tissages ( Les Meules et Rond Pré)
Filature de 23000 broches et un tissage
de 500 métiers d’où sortent 24 000 m de vichy chaque jour.
Atelier de confection "Tissgarlux" et "Tissgar"
qui occupait 300 ouvrières et transformaient en mouchoir le tissu en
pièces fabriqué à Golbey. Ce tissu aux dessins et coloris très
variés est coupé d’abord en longueur, par bandes. Les bandes
étaient ensuite rouleautées sur des machines automatiques puis
coupées en carrés. Il ne restait plus qu’à ourler les deux
autres bords. Repassés, pliés, puis étiquetés, ces mouchoirs
étaient finalement disposés dans leur cartonnage.
Saulcy-sur-Meurthe
: tissage ayant appartenu à la famille
Kempf.
Géroville :
tissage
Mirecourt :
atelier de confection.
Igney
: Filature qui à l'origine, est une usine qui produit des des
filés cardé et peignés et racheté par Boussac en 1934. et tissage
350 métiers
La
Petite Raon et Moussey : Tissages tous
deux étaient exploités pra la société "AB Seillière,
Provensal et Cie".
Thaon
les Vosges : Filature et tissage ayant
appartenu à la famille Cuny. Elle est cédée à Boussac en 1923 et
possédait d'immenses ateliers de 31878 m².
Vincey
: filature et tissage rachetée par Boussac en novembre 1938.
Elle fermera en 1981.
Senones,
Rambervillers Nomexy et Thaon les Vosges :
magasins d'usine Ecotex.
Autres
tissages et filatures ayant appartenu aussi à Boussac
: Jussarupt (on y tissait les mouchoirs Tissgar connus dans le
monde entier) Vagney et Rupt-sur-Moselle
Entreprise de travaux publics : Entreprise Collot rue des Soupirs à Epinal
Entreprise
de transports : « Garage Boussac »
Nomexy
Les
usines d'Alsace :
Haguenau :
tissage de 300 mètres occupant 215 personnes, produisant
quotidiennement 11000 mètres de "Zéphir" et de
"Lavaclor".
Wesserling
: manufacture d’impression où
travaillent 950 employés et ouvriers pour les produits "Triumph"
ainsi que le "Romanex", imprimé destiné à l’ameublement.
MIW : l’usine de Wesserling est conceptrice du traitement « No Iron » chemise infroissable
Drusenheim :
seule usine qui traite la laine.
Les usines en
Meurthe-et-Moselle :
Dombasle
: bureau d’étude commune à toute la manufacture où est
élaboré la mise au point industrielle des vêtements créés à
Paris. Un atelier de confection produit les imperméables blizzand.
Service social avec service médical et réfectoire.
Blainville
: articles d’usage et de vêtement de travail, coutil et draps
(pantalons), coutil pour vêtements de travail (marque FOR, bleu de
travail, vestes (peintre, boucher-charcutier, barman), blouses
grises, blouses blanches (médecin, laboratoire). Une centaine
d’ouvriers. C’est la manufacture de Blainville qui a lancé la
marque Blizzand, de la popeline imperméable en coton. En 1938, le
marché de la popeline atteint par an, à peine 200 000 articles, en
grande partie d’importation anglaise. Avec Boussac, ce marché va
prendre une ampleur considérable et la vente dépasse certaines
années 4 millions d’articles dont 1,4 pour la manufacture de
Blainville. Par la suite, le tergal se substitue au coton.
Consommation : 23 000 mètres de tissu par jour pour une production
quotidienne de 15000 vêtements réalisés par 2200 ouvrières.
SIB
Blainville : entreprise métallurgique
fabrication de métiers à tisser BLB et BLBL pour le tissage de
l’éponge ; fabrication également des pièces détachées
pour toutes les machines textiles du groupe.
Lunéville
: service de coupe industrielle où les vêtements sont coupés
par 50 ou par 100 unités. Atelier de confection des imperméables
pour hommes notamment.
Principales
productions :
Lavaclor
: écossais de coton fin, grand teint, blanchi
en pièce et pratiquement sans retrait. C’est un article équilibré.
Sa finesse le rend agréable au porter et plus facile à laver que
les vichys courant. La régularité de son fil, sa solidité en font
le tissu idéal pour la ménagère et le tablier d’école.
Diversité de sa collection : 600 dessins d’inspiration mode et de
coloris vifs expliquent sa vogue pour la robe blouse et la robe
soleil. Excellent rapport qualité-prix.
En résumé : un vichy de luxe et
zéphirs*.
Zéphir
: tissu de coton façonné utilisé dans
la confection de vêtements légers et de sous-vêtements.
Ghislaine
: un écossais en fibre articielles traité "antifroiss"
et pratiquement sans retrait, qui posséde une grande souplesse et la
tenue qui lui valent un grand succès auprès des femmes : robes,
jupes et corsages. Collection de 600 dessins renouvellée de saison
en saison.
Mouchoir
Tissgar : Fins et bien confectionnés,
grand teint, les mouchoirs Tissgar existent dans des qualités très
diverses qui vont du mouchoir courant au mouchoir le plus fin, soit
en blanc, soit avec vignette ou fond fantaisie pour l’homme, la
femme, l’enfant. 15 millions de mouchoirs sont vendus chaque année.
Loveline :
Popeline* stabilisée.
*Popeline
: tissu à chaîne de soie et à trame de laine, de lin ou de coton,
qui a des petites côtes dans le sens de la largeur. Ou étoffe de
coton, tissée en armure toile, formant des côtés dans le sens de
la chaîne et comprenant beaucoup de plus de fils en trame qu'en
chaîne.
*Noveltex :
chemises. 100 000 chemises confection à Chateauroux (1000 salariés)
*Blizzand
: imperméables.
Eponge
« Griffe Jaune » fabriquée à Regny dans la Loire sur
des métiers à tisser (peigne mobile) créés et fabriqués à
Blainville(54)
BOUSSAC CHATEAUROUX
Boussac
1889 :
Marcel Boussac est né à Châteauroux, d'un père industriel du
textile et d'une mère poète et romancière. Très jeune, dès 1908,
Marcel Boussac débute ses initiatives d'entrepreneur à Paris.
La légende situe sa formidable réussite dans le rachat à l'armée, du stock de toile d'avion après la guerre de 14. Il crée d'ailleurs une chaîne de magasins à l'enseigne "Toile d'avion".
Pendant la guerre 39-45, Marcel Boussac "fabrique de la fibranne, tissu artificiel, et constitue la société France rayonne."
Dans l'immédiat après-guerre, Boussac développe rapidement son parc d'usines, initialement situées dans l'est de la France, en particulier à Châteauroux (groupe Rousseau-Noveltex).
Il posséde, en 1948, une soixantaine d'usines, et utilise 70% du coton importé en France.
Les difficultés de Boussac s'accumulent dans la deuxième moitié de la décennie 70. L'âge, la priorité au coton à un moment de diversification des fibres textiles, l'éclectisme de ses intérêts - écuries de courses, journaux (l'Aurore), maisons de couture ( Pierre Clarence, Yves Saint-Laurent), en sont sans doute les causes.
BOLBEC NORMANDIE
BOUSSAC SAINT FRERES
Sources : JPI et du Net .
Photos : JPI et du Net.
BOUSSAC CHATEAUROUX
Création
Cent Mille - Les 100.000 Chemises
L'entreprise a traversé de
nombreuses tempêtes, comme pratiquement toute la confection en
France.
Installée en 1891 à Châteauroux,
rue de Strasbourg, par une société financière fondée à Paris en
1871, cette grande entreprise va à contre-courant de l'orientation
des industriels des dernières années du XIXème siècle, qui
préfèrent le travail à domicile au travail en atelier.
Les ouvrières à domicile ont de
bas salaires, mais leur travail est peu productif. En atelier, avec
des machines perfectionnées, avec la division du travail, avec "un
personnel de surveillance et d'encadrement", l'industriel
accroît son efficacité.
On entre dans la forme capitaliste de l'entreprise qui doit investir d'importants capitaux pour les usines et les équipements.
On entre dans la forme capitaliste de l'entreprise qui doit investir d'importants capitaux pour les usines et les équipements.
En 1900, l'usine compte 500
salariés, et plus de 700 avant la première guerre mondiale.
A ceux-ci, on doit ajouter 300 ouvrières à domicile.
A ceux-ci, on doit ajouter 300 ouvrières à domicile.
Les 100000 Chemises, Création
Cent Mille aujourd'hui - crée en 1987 -, est une des rares
entreprises qui subsistent dans le département de l'Indre.
La direction a su se libérer partiellement de son statut de sous-traitant, vendeur de main-d'oeuvre, pour devenir fabricant et lancer ses propres marques, dont la plus connue est "Fil â Fil"
Dans le même temps, Création Cent Mille a une licence Burberry's. Burberry's représente plus de 50 % du chiffre d'affaires.
Une force de l'entreprise : sa capacité à créer et à produire des ouvrages de qualité, en séries limitées, pour des clients exigeants, pour certaines marques prestigieuses, productions qui peuvent difficilement être délocalisées.
La direction a su se libérer partiellement de son statut de sous-traitant, vendeur de main-d'oeuvre, pour devenir fabricant et lancer ses propres marques, dont la plus connue est "Fil â Fil"
Dans le même temps, Création Cent Mille a une licence Burberry's. Burberry's représente plus de 50 % du chiffre d'affaires.
Une force de l'entreprise : sa capacité à créer et à produire des ouvrages de qualité, en séries limitées, pour des clients exigeants, pour certaines marques prestigieuses, productions qui peuvent difficilement être délocalisées.
Cette forme d'activité de
l'entreprise exprime une certaine clairvoyance puisqu'elle survit
aujourd'hui, en l'an 2000, qu'elle a 220 salariés alors qu'elle en
comptait 187 en 1987.
Boussac
La légende situe sa formidable réussite dans le rachat à l'armée, du stock de toile d'avion après la guerre de 14. Il crée d'ailleurs une chaîne de magasins à l'enseigne "Toile d'avion".
Pendant la guerre 39-45, Marcel Boussac "fabrique de la fibranne, tissu artificiel, et constitue la société France rayonne."
Dans l'immédiat après-guerre, Boussac développe rapidement son parc d'usines, initialement situées dans l'est de la France, en particulier à Châteauroux (groupe Rousseau-Noveltex).
Il posséde, en 1948, une soixantaine d'usines, et utilise 70% du coton importé en France.
Les difficultés de Boussac s'accumulent dans la deuxième moitié de la décennie 70. L'âge, la priorité au coton à un moment de diversification des fibres textiles, l'éclectisme de ses intérêts - écuries de courses, journaux (l'Aurore), maisons de couture ( Pierre Clarence, Yves Saint-Laurent), en sont sans doute les causes.
BOLBEC NORMANDIE
Si les usines Michelin
décidaient un beau matin de fermer leurs portes, on imagine sans mal
le vent d'inquiétude qui s'emparerait de Clermont-Ferrand : à une
plus petite échelle, c'est la situation que connaît aujourd'hui une
petite ville de Normandie, Bolbec, depuis que la plus importante
entreprise de la localité, les établissements Desgenetais,
propriété du groupe Boussac, a annoncé la cessation de ses
activités. Un chiffre résume à lui seul la gravité de cette
décision : l'usine Boussac fournissait à elle seule 25 % des
emplois de la ville et, avec sa fermeture, un salarié sur 4, à
Bolbec, risque de se retrouver au chômage. Ce n'est pas d'hier que «
l'empire Boussac » est entré en agonie. Mais ici, c'est le 1er
septembre, à leur retour de vacances que les employés de
Boussac-Bolbec ont appris la nouvelle. Ce jour-là, la direction du
groupe publiait un communiqué : en raison de la « crise
économique qui affecte particulièrement l'industrie textile »,
elle a décidé la suppression de l'activité des établissements de
Normandie » et des réductions d'horaires dans les établissements
du groupe des Vosges et de l'Alsace ». En Normandie, les 980
personnes qui travaillaient dans ce qui est surnommé « la vallée
Boussac » se retrouvent donc promises au chômage — en plus
de son usine de Bolbec (724 salariés), Boussac possède deux usines
dans des localités voisines, à Lillebonne (215 salariés) et à
Caudebec-en-Caux (45 salariés). Et dans les Vosges, 6 000 personnes
sont depuis lundi en chômage forcé pendant un mois. Mitterrand à
59% A Bolbec, où les fermetures d'usines se succèdent depuis des
années, la fermeture de l'usine Boussac porte un coup fatal. Ce
chef-lieu de canton de la Seine-Maritime, situé à une vingtaine de
kilomètres du Havre, est en effet une ville qui connut son âge d'or
avant guerre, grâce à l'industrie textile. Depuis, malgré une
petite reprise dans les années 40, le textile périclite : des 6 000
emplois assurés par cette industrie en 1930, il n'en restait guère
plus de 1 000... avant la fermeture de Boussac. Et si l'on se promène
en ville avec un « ancien » du pays, on entend égrener les noms
des entreprises qui ont disparu, Gillet-Tharon, Manchon-Lemaistre,
bien d'autres encore, pendant que l'on vous montre du doigt les
H.l.m., la piscine où « avant, il y avait une usine à cet
emplacement ». Aujourd'hui, si l'on poursuit sa promenade pendant un
kilomètre sur la route de Languetot, à l'est de la ville, on se
heurte à des grilles désormais fermées, derrière lesquelles on
peut apercevoir un long alignement d'ateliers bas : l'usine Boussac.
Déserte. Une des plus anciennes usines du groupe, ouverte en 1840, à
l'époque des grandes manufactures. Comme ses voisines de Lillebonne
et Caudebec-en-Caux, elle fournissait les articles très bon marché,
comme !e fameux vichy, qui a servi de prétexte à la direction pour
justifier les fermetures : « Devant l'introduction de produits du
même type en provenance de pays en voie de développement, la
compétition n'était plus possible ». Un argument qui soulève
l’indignation des syndicalistes de la région ; « Boussac oublie
de dire qu'il a lui-même investi une partie des profits réalisés
ici dans les pays du Tiers-Monde où il savait trouver une
main-d'œuvre bon marché », fait remarquer Paul Belhache,
secrétaire de l'Union locale C.g.t. Et si la colère n'a pas encore
gagné toute la ville, l'inquiétude y monte : chacun ici sait bien
qu'avec la fermeture de Boussac, c'est l'essor, déjà compromis, de
Bolbec qui est menacé. Les commerçants savent que leur chiffre
d'affaires va baisser. Les petits artisans, qui travaillaient en
grande partie grâce à Boussac, se voient ruinés. La municipalité
s'inquiète de son budget, qui se trouvera amputé de 10 % si Boussac
ferme. La manifestation organisée vendredi dernier à l'appel de Ia
C.g.t. a d'ailleurs montré que le sort des salariés de Boussac
n'était pas indifférent aux 13 000 habitants de Bolbec : sur tout
le trajet parcouru par les manifestants, les rideaux de fer des
boutiques étaient baissés. Si toute la ville n'est pas encore
mobilisée autour de son usine, comme ce fut le cas pour Lip,
Titan-Coder ou Râteau, les salariés de Boussac savent qu'ils
peuvent compter sur la sympathie d'une population qui a voté pour
François Mitterrand à 59 % lors des dernières élections
présidentielles, et ils ont l'intention de se défendre. Ils savent
surtout qu'ils ne trouveront pas d'autres emplois sur place. Il
n'existe en effet à Bolbec qu'une seule autre entreprise d'une
certaine importance : Oril, une usine chimique qui emploie 350
personnes, une main-d'œuvre surtout masculine et qualifiée, mais où
l’embauche est arrêtée. Ils savent aussi qu'il y a déjà 1 000
demandeurs d'emploi à Bolbec même, et 40 000 chômeurs en
Seine-Maritime, le chiffre le plus élevé jamais atteint dans le
département depuis vingt ans. Le calcul a été fait : il y a eu 290
000 journées chômées en juin dans ce département qui compte 450
000 travailleurs. Et, surtout, les employés de Boussac sont attachés
à leur emploi et à leur ville qu'ils n'ont aucune envie de quitter.
Boussac-City Car, à Bolbec, on travaille chez Boussac de père en
fils. Ou plutôt de mère en fille, puisque 60 % des salariés sont
des femmes et 30 % des jeunes. La plupart sont d'origine ouvrière,
plutôt que rurale : comme leurs grand-mères, elles ont pris place
jeunes derrière les canettes (l'emblème de la ville) et y sont
restées. Avec peu de qualification et pour des salaires de misère :
entre 1 200 et 1 700 F. Plus souvent avec 1 200 F, d'ailleurs : 40 %
du personnel gagnerait aujourd'hui 1 250 F pour 40 heures de travail,
mais, déjà touché par des réductions d'horaires depuis quelque
temps, beaucoup n'avaient à la fin du mois que 1 100 F pour 32
heures de travail. Il est courant de rencontrer ici une « fileuse »
qui, après 42 ans de maison, gagne 1 400 F. Enfin, les menaces de
fermeture sont encore rendues plus dramatiques par deux faits : il
n'est pas rare d'être logé par Boussac ; et il n'est pas rare que
toute une famille travaille pour Boussac. Comme beaucoup de vieilles
entreprises de style paternaliste, Boussac avait en effet ses
habitations ouvrières et, dans certaines régions, ses écoles. Ici,
à Bolbec, tout un quartier appartient à Boussac : une chapelle, une
crèche, une école, et des cités. 175 petites maisons d'un étage,
où sont logés les ouvriers de la firme. Vont-ils, en même temps
que leur emploi, perdre leur logement ? On peut le craindre. Quant
aux familles dont plusieurs membres travaillent chez Boussac, on ne
les compte plus. Si l'usine ferme, que deviendra par exemple cette
famille où 10 personnes tiraient de là leurs revenus ? Dans ces
conditions, il n'est pas étonnant que la riposte s'organise. « Les
usines Boussac ici sont viables, déclare Philippe Courseaux,
secrétaire du syndicat C.g.t. de l'entreprise (la seule organisation
représentée). Il n'y a pas d'autres solutions que le maintien en
activité des trois usines, avec l'ensemble des effectifs, sans aucun
licenciement. Et les grandes déclarations du préfet et du ministre
du Travail sur d'éventuels reclassements sont purement démagogiques
avec le nombre de chômeurs existant dans le département. Quant à
dire que les licenciés bénéficieront de 90 % de leur salaire,
c'est également un argument de mauvaise loi : sur les 40 000
chômeurs du département, 1 700 seulement ont cette ressource. » En
début de semaine, une délégation des travailleurs est allée voir
André Bettencourt, député de la circonscription, afin de demander
des comptes à celui qui a été ministre à plusieurs reprises
depuis 17 ans. Un comité de défense pour l'emploi qui comprendrait
tes organisations syndicales, les partis de gauche et les
organisations démocratiques est également en train de se créer. La
partie, d'ailleurs, ne se joue pas uniquement à Bolbec: dans tout le
groupe Boussac, en particulier dans les Vosges, on prévoit la
riposte. « Si Boussac a estimé qu'en frappant les usines de
Normandie il pouvait démobiliser les autres centres, il s'est
lourdement trompé, estime un représentant de la fédération C.g.t.
du Textile. La réaction des usines des Vosges est révélatrice à
cet égard : des dispositions ont immédiatement été prises pour
faire pression auprès de la direction afin que les licenciements de
Normandie soient annulés. Nous demandons par ailleurs une réunion
paritaire avec la direction de Boussac et une rencontre avec le
ministre de l'Industrie. » Car, à travers les mesures prises en
Normandie, ce sont les 15 000 salariés du groupe Boussac qui se
sentent menacés. N'est-ce pas le début de la fin d'un empire ?
Telle est la question que chacun se pose aujourd'hui. On savait,
depuis plusieurs années, que les affaires Boussac battaient de
l'aile, après une formidable ascension. Parti de presque rien aux
alentours de 1910, Marcel Boussac avait rapidement amassé une énorme
fortune, atteignant en 1970 un chiffre d'affaires de 600 millions de
francs, et bâti un formidable royaume où une centaine de sociétés
s'imbriquaient de façon mystérieuse les unes dans les autres, selon
des connexions souvent rendues inextricables par le goût qu'a du
secret le vieil homme. De ces entreprises variées — de textile
bien sûr, mais aussi de machines à laver (Bendix) à la banque en
passant par la haute couture (Dior), la presse (« l'Aurore »,
« Paris-turf »), les écuries de courses et l'immobilier —
Marcel Boussac a toujours voulu être le seul maître. Tenant ferme
les rênes du pouvoir, officiellement aujourd'hui entre les mains de
son neveu Jean-Claude, Marcel Boussac s'est bâti un domaine
hyper-centralisé, où l'esprit d'initiative a fini par se tarir,
tandis que lui-même ne voyait pas le monde changer autour de lui.
Cela a mené le groupe Boussac où il en est aujourd'hui : un déficit
estimé en mai 1974 à cent millions de francs, des stocks énormes
de 450 millions de francs (plus de la moitié du chiffre d'affaires)
et un endettement atteignant 180 millions de francs. L'exemple de
Bolbec est à cet égard significatif : continuer à fabriquer un
produit plus ou moins invendable, et constituer ainsi des stocks
pesant lourdement sur la trésorerie de l'entreprise, qu'est-ce
d'autre qu'une erreur de gestion ? Une erreur que l'on voudrait bien
faire payer aux salariés normands. Comme d'autres salariés du
groupe Boussac — et ils le sentent — risquent bien de payer un
jour l'entêtement de celui que l'on a souvent comparé à un
seigneur de l'industrie enfermé dans son donjon...
BOUSSAC SAINT FRERES
Marcel
Boussac (1889-1980), fils d'un important négociant en textiles de
Châteauroux est à l'origine du
groupe
Boussac. Il crée à Paris en 1911 le Comptoir de l'industrie
cotonnière (CIC), société de traitement et de
vente
de textiles, qui prend une rapide extension dès avant la première
guerre mondiale.
En
1913, il prend la direction (avec des parts importantes) de la
Société d'impression des Vosges et de
Normandie,
la plus grande manufacture de tissus imprimés en France. Pendant la
guerre, chargé des fournitures
militaires
à l'Intendance, il fait rouvrir les principales usines textiles des
Vosges et crée une société de navigation
pour
l'importation des matières premières.
En
1917, Marcel Boussac crée la Société générale du coton
industriel (SOCO) pour l'exploitation des déchets.
En
1917, le CIC devient société anonyme et prend le contrôle de
plusieurs filatures et tissages des Vosges.
Les
Manufactures de Senones dans les Vosges, autre société-mère du
groupe, sont achetées en presque
totalité
en 1920 (voir fonds Manufactures de Senones). C'est la plus grosse
affaire de filature, tissage et
blanchiment
de coton en France.
De
1920 à 1926, Boussac se consacre en priorité à l'organisation de
ses deux principales sociétés (CIC et
Senones).
Il crée des usines d'égrenage, de manutention, en appliquant des
méthodes de taylorisation. C'est
aussi
de cette époque que datent les premières sociétés du groupe en
Afrique et en Orient.
Vers
1920, Boussac achète les Etablissements Rousseau, qui sont la plus
grande manufacture de chemises en
France.
Hors du secteur cotonnier, il achète la manufacture de laine cardée
de Drusenheim dans le Bas-Rhin
(1920)
et d'importantes parts dans la "Soie Vauban" (1922).
En
1925, Boussac prend le contrôle, par l'intermédiaire du CIC, de
l'usine polonaise de Zyrardow, qui traite non
seulement
le coton mais aussi le lin et le métis (tissage lin-coton).
L'affaire polonaise se terminera en 1936 après
un
retentissant procès.
En
1929, c'est l'acquisition des Manufactures de confection du Centre
(Châteauroux), spécialisées dans les
vêtements
de travail.
En
1935, Boussac achète la chaîne parisienne de magasins de tissus "Le
Pauvre Jacques" (ancienne
Compagnie
commerciale des pays du Nord). Rebaptisée "A la Toile d'Avion",
elle devient le principal organe de
vente
du CIC. En 1936, c'est le rachat des établissements Jalla (tissus
éponge)
A
la veille de la seconde guerre mondiale, l'affaire Boussac est
solidement structurée :
-
Le CIC, au départ spécialisé dans l'écru, a étendu son activité
aux cotons de couleur et imprimés : filature,
tissage,
teinture en fil et en bourre, apprêt, grattage. Il possède des
comptoirs de vente et contrôle une vingtaine
de
sociétés.
-
Les Manufactures de Senones traitent le "blanc classique" :
filature, tissage, blanchiment et impression. Le
tissage
de Julienrupt, rattaché à Senones, se spécialise dans le linge de
maison en métis et en lin. Senones
compte
une dizaine de sociétés.
-
La Société générale du coton industriel (SOCO) et ses filiales
traitent les déchets de coton produits par les
filatures
pour les transformer en ouates.
-
D'autres établissements du groupe jouent un rôle important dans la
production, mais ne sont pas rattachés à
ces
sociétés-mères ; ils font partie des "indépendants" :
ce sont la filature vosgienne de Drusenheim, spécialisée
dans
la laine cardée ; la manufacture de Châteauroux et la manufacture
Rousseau de Paris, fabriquant
respectivement
des vêtements de travail et des chemises ; et les établissements
normands Desgenetais qui
seront
fournisseurs de tissus militaires pour l'Intendance pendant la
seconde guerre mondiale.
A
ces principales affaires il faut ajouter un certain nombre de
sociétés de moindre envergure rattachées au
groupe
Boussac : en 1946, c'est au total 57 sociétés que comprend le
groupe. Ce sont en majorité des sociétés
de
production et de vente de textile en métropole et outre-mer,
auxquelles s'ajoutent quelques sociétés de
gestion
immobilière ou financière et une revue (Les Cahiers de la
Jeunesse).
En
1947, le CIC se transforme en SARL, avec pour actionnaire unique
Boussac. Le CIC regroupe dès lors sous
son
contrôle l'ensemble des sociétés du groupe.
A
l'issue de la guerre, le nombre des sociétés s'accroît très
rapidement, et leurs activités se diversifient. Avec la
création
de Dior en 1947, on est encore dans le secteur textile ; mais cette
création est suivie de celle de la
société
Parfums Dior. En 1946, Boussac crée Bendix Français ; en 1952, la
Cie Electro-domestique. L'édition est
un
autre secteur d'activités : journal "L'Aurore" et ses
satellites (1951), éditions Robeyr dirigées par Robert
Boussac
(1952), journal "Le Petit Parisien" (1956). Ce contrôle de
la grande presse, qui vient s'ajouter au quasimonopole
de
la fabrication et de la vente des tissus, marque l'apogée de
l'"empire Boussac". On voit se multiplier
au
sein du groupe des sociétés civiles mobilières et immobilières
qui n'ont pour objet que l'achat et la gestion de
biens
appartenant à M. Boussac ou à son groupe : immeubles, haras,
avions, au total près de 30 sociétés entre
1946
et 1960. Les sociétés étaient numérotées à leur entrée dans le
groupe ; le dernier numéro d'entrée relevé
dans
les archives est 110 (Société textile et cotonnière de Dakar). Le
groupe, dès sa création, fonctionne de
façon
"pyramidale", M. Boussac contrôlant de très près les
activités de ses sociétés par l'intermédiaire d'un
fondé
de pouvoirs, M.Roy, d'une attachée, Mme Helbois, et de
collaborateurs dont certains sont des membres
de
sa famille : ses frères Robert et Raymond, son beau-frère M.
Aupetit, toute information remontant au sommet
sous
forme de "notes à M. Marcel". Cette forte personnalisation
de l'entreprise implique qu'il est souvent difficile
de
distinguer les biens propres de l'industriel des biens de ses
sociétés, et que certains procès d'affaires
prendront
l'apparence de procès contre la personne (affaire Weil, affaire des
actions Rousseau, affaire
Zyrardow,
affaire Lazurick-l'Aurore).
En
1978, le groupe Boussac est racheté pour 700 millions par le groupe
Agache-Willot, par le biais de la société
Saint
Frères. C'est la création de la société Boussac-Saint Frères,
filiale qui réunit les activités industrielles
d'Agache-Willot,
et dont le siège social est à Lille. En 1981, un an après la mort
de Marcel Boussac, Boussac-
Saint
Frères puis le holding Agache-Willot sont mis en règlement
judiciaire, cette mesure concernant 80 usines
réparties
dans les Vosges, le Nord et la Normandie (22 000 salariés). Après
un imbroglio juridique de plus de 3
ans,
pendant lequel l'Etat soutient la poursuite des activités de
Boussac-Saint Frères par le biais de l'Institut de
Développement
industriel, le groupe immobilier Ferret-Savinel et un consortium
bancaire reprennent la majoritédu
holding.
BOUSSAC LE CHATEAU DE MIVOISIN
le
domaine reste une des plus grandes chasses et l'une des plus grandes
propriétés agricoles d'Europe. raconte la fabuleuse genèse d'un
empire qui perdure et a profondément marqué l'histoire, la
géographie, la politique et l'économie, pas seulement locales.
Marcel
Boussac a 3 ans quand sa mère quitte son mari pour partir avec le
poète Catulle Mendès. Après de brèves études, il travaille avec
son père, drapier à Châteauroux. Il a déjà de l'argent quand il
"monte à Paris".
En 1910, il y innove en lançant pour les habits féminins, la mode
des tissus de couleurs vives qu'il se procure auprès des filatures
des Vosges. Le succès est au rendez-vous : il achète sa première
Rolls en 1913 et possède son premier cheval en 1914.
Pendant
la Première Guerre mondiale, qu'il fait à l'arrière, il se lance
dans l'importation du coton, la vente de tissu à l'armée, la
fabrication de masques à gaz et de toile de parachute, grâce à
l'usine qu'il a achetée à Nomexy, dans les Vosges.
En
1917, avec des politiques et des financiers, il fonde le Comptoir de
l'industrie cotonnière. Il rachète douze usines dans les Vosges et
une gigantesque filature en Pologne. Avec ses surplus de tissu
militaire, il créée une ligne de vêtements réputés inusables
vendus dans ses magasins " À la toile d'avion". C'est la
fortune.
Il
profite de la crise de 1929 pour racheter à vil prix des entreprises
textiles en faillite. Il multiplie et soigne déjà les amitiés
politiques tous azimuts : à Clémenceau ont succédé Pierre-Étienne
Flandin, Léon Blum, Georges Bonnet, Vincent Auriol…
Il
invente les chemises à carreaux et les pyjamas. Il dirige désormais
la première entreprise textile de France et triomphe également sur
les champs de course qui le passionnent, en France puis en Grande
Bretagne. Casaque orange, toque grise, les chevaux de ses haras
normands de Fresnay-le-Buffart multiplient les victoires dans la
course du Jockey-Club.
Il
devient le premier roturier président de la Société hippique
d'encouragement.
En
1939, il épouse la cantatrice Fanny Heldy, qu'il aime et courtise à
l'Opéra depuis la Première guerre mondiale.
Il
poursuit sa production pendant la Seconde Guerre mais a moins de
débouchés. Il accumule les stocks qu'il écoulera à son plus grand
profit à la Libération.
Il
achète pendant la guerre le haras de Jardy, près de Versailles,
puis l'hippodrome de Saint-Cloud.
À
la Libération, où malgré quelques amitiés allemandes ou
vichyssoises il parviendra à ne pas être inquiété (il est vrai
qu'il avait continué à payer ses ouvriers prisonniers de guerre ou
déportés), il lance Christian Dior et sa mode "new
look" qui va triompher en
France comme aux USA.
L’implantation de l’usine JALLA à
Régny
En décembre 1871 Mrs BINDER et JALLA
créent à Régny une usine de tissu Éponge. Équipée de métiers à
bras. C'est alors la première entreprise Française pour la
fabrication de serviettes et de tissus en éponge.
En 1872, les 50 ouvriers des
Etablissements BINDER et JALLA produisent mensuellement 2 tonnes de
tissu ou articles bouclés toujours tissés sur des métiers à bras.
Dans un premier temps les articles, son
destinés aux établissements thermaux.
Ce n’est que vers 1900, que les
articles sont vendus au grand public.
En 1911 la production avoisine 25
tonnes par mois. Le personnel s'élève à environ 300 personnes dont
de nombreux enfants
Entre 1931 et 1936 suite à de graves
difficultés financières et des dettes de Jeu des chefs de la
société. Les Etablissements Jalla sont cédés au groupe cotonnier
BOUSSAC en 1936 lors d’une vente à la chandelle.
En 1937 Naissance des premières
serviettes à décor jacquard
En 1956 Jalla construit sa renommée
grâce à l'introduction de la couleur dans le linge de maison,
traditionnellement blanc.
La filature
d'Aumontzey a été modernisée. Les renvideurs sont remplacés par
46 continus à filer la chaîne et la trame. Le nombre de broches
s'élève alors à 21 384. En 1939 une section de préparation
du tissage est organisée avec 2 bobinoirs automatiques et un
ourdissoir.
La filature
d'Aumontzey subira les vicissitudes de la Seconde Guerre Mondiale. En
1944, après le débarquement des alliés, ses bâtiments furent
bombardés par les allemands ... puis par les troupes américaines
croyant que l'usine abritait des ennemis. En octobre 1944 la filature
était entièrement détruite.
En 1962,
le groupe Willot rachète cette entreprise. Elle appartient ensuite
au groupe Boussac-Willot lors du rachat, en 1979, de Boussac par
Willot. A cette époque la filature d'Aumonzey produit 300 tonnes
de filés par mois et emploie 150 personnes.
En 1981,
après le dépôt de bilan de "Boussac Saint-Frères, la
filature d'Aumontzey est reprise par le groupe C.B.S.F..
En 1984,
le tissage d'Aumontzey est créé. Le site de production
rejoint V.E.V. Prouvost en 1988, puis le groupe Zucchi Bassetti en
1990, à l'intérieur de la société JALLA S.A.
Le 28
décembre 1998 JALLA fusionne avec la société DESCAMPS SA.
Sources : JPI et du Net .
Photos : JPI et du Net.


En hommage aussi à ces milliers d'ouvriers, agents de maitrise, employés, techniciens et cadres qui ont fait de Boussac un joyau de l'industrie textile.Honte à ces financiers, ces dirigeants, ces politiques (pas tous) , qui n'ont rien fait pour sauver ce joyau.
RépondreSupprimer"On ne quitte pas sans amertume une entreprise dans laquelle on a passé 42 années de sa vie"